Transfert FIV : Traverser l’attente sans craquer

Personne ne vous l’avait dit. On vous a parlé des piqûres, des protocoles, des prises de sang. Mais pas de cela. Pas de ces quatorze jours où il ne se passe rien  sauf à l’intérieur de vous.

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Vous venez de faire un transfert d’embryon. Le geste médical est terminé. La technique a fait son travail. Il vous reste maintenant à attendre. Quatorze jours. Parfois douze, parfois quinze, selon votre protocole. Mais dans votre tête et dans votre corps, ce sont deux semaines qui semblent n’en jamais finir.

Beaucoup de femmes en parcours PMA me disent que c’est la période la plus dure – plus dure parfois que les piqûres, plus dure que les examens, plus dure que les rendez-vous médicaux. Parce qu’on est seule avec son ventre, son espoir, et sa peur.

Cet article est pour vous, qui traversez cette attente en ce moment. Ou qui vous y préparez. Ou qui en sortez et qui essayez de comprendre ce qui s’est joué.

Pourquoi cette période est si difficile ?

L‘attente des deux semaines n’est pas seulement longue. Elle est fondamentalement différente de tout ce que vous avez traversé jusqu’ici.

Pendant les phases précédentes du protocole, vous aviez des choses à faire :

  • Prendre votre traitement à heure fixe,
  • Vous rendre à vos rendez-vous, suivre les indications médicales,
  • Observer votre corps réagir.

Votre énergie était canalisée vers l’action.

Pendant l’attente des deux semaines, il n’y a plus rien à faire. Et cette absence d’action est précisément ce qui rend la période si difficile à supporter, surtout pour des femmes qui, dans le reste de leur vie, sont actives, performantes, habituées à reprendre la main sur les situations.

Ce qui se passe dans votre corps

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  • Si l’embryon va s’implanter, c’est dans cette fenêtre que cela se joue. Vous ne ressentez rien de particulier. Et pourtant, votre corps, s’il est réceptif, accomplit l’un des processus biologiques les plus complexes qui soient.
  • Votre corps continue son travail, mais aucun symptôme fiable ne peut vous dire si « ça a pris » ou non. Les fameux « symptômes » (tiraillements, seins sensibles, fatigue) peuvent venir aussi bien d’une grossesse débutante que de la progestérone que vous prenez. C’est précisément ce qui rend cette période si trompeuse.
  • C’est là que beaucoup de femmes craquent. L’envie de faire un test précoce devient parfois irrésistible. Vous interprétez chaque sensation, chaque tiraillement, chaque absence de tiraillement.
  • Le moment de vérité. Le matin du jour J, beaucoup de femmes me racontent une nuit blanche, un trajet en métro où elles ont eu envie de pleurer sans raison, et l’attente du résultat qui peut prendre quelques heures supplémentaires. 

Les montagnes russes émotionnelles

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Ce que vous traversez émotionnellement pendant ces quatorze jours n’est pas linéaire. Beaucoup de femmes oscillent entre des états très contrastés, parfois plusieurs fois dans la même journée :

  • Le matin : confiance, espoir, sensation que « ça a marché »
  • À midi : doute, sensation que « rien ne se passe »
  • L’après-midi : recherche de symptômes, hyper-vigilance corporelle
  • Le soir : fatigue, parfois larmes inexpliquées
  • La nuit : cauchemars d’échec, ou rêves de bébé qui arrive

Cette oscillation n’est pas un signe de faiblesse. C’est la réponse normale d’un système nerveux qui essaie de gérer une situation à enjeu maximal sans information ni levier d’action.

Les phrases que vous vous dites (et qui font mal)

Voici les phrases que les femmes en parcours me rapportent presque toutes, à un moment ou à un autre de l’attente :

  • « Si ça ne marche pas, je ne pourrai pas le supporter. »
  • « Je sens que ça n’a pas pris. »
  • « Mais qu’est-ce qui ne va pas avec moi ? »
  • « Je ne devrais pas être triste, je devrais être positive. »
  • « Si je stresse, ça va faire échouer le transfert. »

Cette dernière phrase mérite qu’on s’y arrête. Le stress ne fait pas échouer un transfert. Aucune étude sérieuse ne le démontre. Vous culpabiliser de stresser pendant cette période ajoute une charge inutile et fausse à une expérience déjà éprouvante. Vous avez le droit d’être stressée. Cela ne change rien au résultat

Ce qui aide vraiment pendant ces 14 jours

Il n’existe pas de recette miracle. Mais voici ce que j’ai observé chez les femmes que j’accompagne en cabinet, et ce qui revient comme réellement aidant pendant ces deux semaines.

1) Reprendre une activité normale, sans excès

Beaucoup de femmes pensent qu’il faut s’allonger, ne rien faire, « préserver l’embryon ». Ce n’est pas ce que disent les protocoles médicaux récents. L’activité normale ne perturbe pas la nidation. Continuer à travailler (si vous en avez l’énergie), faire vos courses, voir vos amies, c’est bénéfique cela évite de penser tout le temps et de transformer cette attente en stress.

2) Limiter les recherches obsessives sur internet

Les forums, les groupes Facebook, les recherches de symptômes sur Google peuvent être des soutiens  ou des pièges. Mon conseil pratique : autorisez-vous une plage horaire courte par jour pour ces lectures (par exemple 20 minutes maximum), et fermez ensuite. Sans cette limite, beaucoup de femmes passent leurs journées à scroller dans une angoisse croissante.

3) Apaiser le système nerveux

Votre système nerveux est sous tension permanente pendant ces 14 jours. Lui offrir des moments d’apaisement est probablement ce que vous pouvez faire de mieux pour vous. Les outils efficaces :

  • L’hypnose et l’auto-hypnose : descendre dans un état de transe légère permet au système nerveux de « souffler » plusieurs fois par jour
  • La sophrologie : exercices respiratoires guidés, visualisation positive
  • L’EFT (Emotional Freedom Technique) : tapotage des points méridiens pour libérer les charges émotionnelles
  • La cohérence cardiaque : 5 minutes, 3 fois par jour, exercice gratuit et accessible

4) Nommer ce que vous traversez

Beaucoup de femmes se sentent coupables de leurs émotions négatives. Vous avez le droit d’avoir peur. Vous avez le droit d’être triste. Vous avez le droit d’être en colère. Nommer ces émotions, à voix haute ou dans un carnet, leur enlève une partie de leur charge.

5) Préparer les deux issues, pas une seule

C’est sans doute le conseil le moins évoqué mais le plus important. Préparez-vous mentalement aux deux issues possibles. Ne pas le faire est se mettre dans une position où l’échec serait un effondrement total. Imaginer ce que vous ferez en cas d’échec  qui vous appellerez, ce que vous direz à votre conjoint, comment vous vous laisserez du temps  n’attire pas l’échec. Cela construit votre filet de sécurité émotionnel.

Et si ça n'a pas marché ?

Tous les transferts ne donnent pas une grossesse. Et ce n’est pas votre faute. Pas votre faute, ni celle de votre conjoint, ni celle de votre médecin. La biologie de l’implantation reste l’un des phénomènes les plus complexes et les moins prévisibles de la médecine de la reproduction.

Si votre prise de sang revient négative, vous traversez ce qu’on appelle, dans la PMA, un deuil silencieux. Un deuil que peu de gens autour de vous savent reconnaître. Un deuil pour un enfant qui n’a pas été, mais qui était déjà projeté, espéré, presque rencontré dans votre tête.

Donnez-vous le droit de pleurer ce deuil. Pas seulement de « passer à autre chose » pour préparer le prochain cycle. Cette charge non traitée, accumulée d’un cycle à l’autre, est ce qui finit par épuiser émotionnellement les femmes en parcours long.

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Comment l'hypnose et la sophrologie peuvent vous accompagner

L’hypnose et la sophrologie ne garantissent pas une grossesse. Aucune étude scientifique sérieuse ne le démontre, et toute praticienne qui vous dit l’inverse devrait éveiller votre méfiance.

Ce que ces approches peuvent faire, en revanche, c’est vous offrir :

  • Un apaisement réel du système nerveux pendant les phases de tension
  • Des outils que vous emportez avec vous (auto-hypnose, sophrologie, EFT) à utiliser entre les rendez-vous
  • Un espace pour déposer ce que vous portez en silence, sans jugement, sans avis non sollicité
  • Une préparation mentale aux étapes (transfert, attente, prise de sang)
  • Un accompagnement du deuil en cas d’échec, pour ne pas le laisser non traité

Pour les femmes qui m’écrivent ou qui viennent au cabinet, l’apport principal n’est pas un « résultat » sur la grossesse, mais une manière de traverser qui permet de ne pas s’effondrer  et de ne pas perdre, dans le parcours, la femme qu’elles étaient avant.

Si vous lisez ces lignes pendant votre attente des deux semaines, voici ce que je voudrais que vous reteniez :

✦ Cette attente est objectivement difficile. Vous n’êtes pas en train de mal vous y prendre.

✦ Les oscillations émotionnelles que vous vivez sont normales. Elles ne préfigurent rien de l’issue.

✦ Le stress ne fait pas échouer un transfert. Vous ne sabotez pas votre cycle en étant inquiète.

✦ Vous avez le droit d’avoir peur. Vous avez le droit d’espérer. Vous avez le droit d’avoir les deux en même temps.

✦ Cette traversée mérite d’être accompagnée. Vous n’êtes pas obligée de la faire seule.

Vous traversez cette attente et vous cherchez un espace pour la déposer ?

Je propose un premier échange de 1h30, sans engagement, en cabinet à Paris 15ᵉ ou en visio.

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